1634 – 1705
Cet artiste exceptionnellement fécond jouit en son temps d’un renom international, bien que souvent considéré, de nos jours, comme un peintre aux solutions faciles, agréable mais superficiel, prêt aux emprunts sinon à la copie, trop rapide dans l’exécution de ses Å“uvres, un jugement qui reflète en partie la condamnation dont l’art baroque fait l’objet pendant une très longue période, mais n’est pas dépourvu de tout fondement si on l’applique à l’ensemble de l’Å“uvre de Luca Giordano, à ses innombrables peintures de chevalet, à ses immenses fresques en Italie et en Espagne, néanmoins, si l’on tient compte de la pratique, courante à son époque, de recourir aux aides d’atelier quand un artiste, même génial, est submergé par les sollicitations et les commandes, car son Å“uvre comporte plusieurs milliers de peintures (environ 5000 ce qui lui vaut le surnom de “Luca fa presto”), si on garde ses Å“uvres les plus représentatives, faîtes entièrement de sa main, sa personnalité apparaît comme l’une des plus sensibles du 17ème européen.
Né à Naples, vers 1652 il voyage à Rome pour remonter ensuite jusqu’à Venise où il laisse quelques tableaux d’autel et étudie Véronèse, puis il rentre à Naples dès 1653. La jeunesse de Luca Giordano, marquée d’innombrables hésitations sur la voie qui devait l’amener à la décoration baroque, finit par aboutir, après un nouveau voyage, à Florence, en 1665, puis à Venise, dans une adhésion consciente au style de Pierre de Cortone, dont l’artiste adopte surtout la tendresse et la grâce des formes, la douceur de l’éclairage. Vers 1674, de nouveau à Venise, il peint les 2 tableaux d’autel (la Nativité de la Vierge et la Présentation de Marie au Temple) pour l’église de la Salute, dont le succès immédiat confirme son renom. Peu après, il entreprend les grandes décorations à fresque, dans lesquelles il se réalisera le mieux. Pouvant méditer à son aise sur l’Å“uvre de Pierre de Cortone, il la comprend dans son aspect le moins frappant mais le plus profond, qui consiste à rendre vraisemblable le fantastique. De ces expériences naît une grande fable lumineuse qu’est la décoration à fresque de la galerie et de la bibliothèque du palais Medici Riccardi (1682-1685), et enfin la découverte, vers 1689, d’un nouveau style personnel très synthétique, s’exprimant par des touches rapides et une lumière en éclairs. Luca Giordano se rend à la cour d’Espagne en 1692. Les grandes décorations qu’il y exécute pour Charles II jouent un rôle considérable dans le développement de l’art espagnol au siècle suivant, d’autant plus qu’il intègre les aspects les plus modernes de l’art de Velázquez, se faisant ainsi en quelque sorte l’héritier de la grande peinture espagnole. Entre 1692 et 1694, il décore à fresque la voûte de l’Escalera et celle de l’église de l’Escorial. Les fresques pour le Buen Retiro et le palais de la reine mère ainsi que les toiles pour le palais d’Aranjuez sont perdues. Le dernier travail espagnol de Luca Giordano est la décoration de l’église Saint-Antoine-des-Portugais (1700) qui préfigure le style de Goya. Cette modernité, qui se traduit par la capacité de renouvellement du peintre jusqu’à la fin de sa vie, réapparaît dans les Å“uvres exécutées à son retour à Naples en 1702, tantôt préromantique, tantôt rococo.
OEUVRE(S) DISPONIBLE(S) POUR CET ARTISTE:
Aucune Å“uvre n’est disponible pour le moment. Pour vendre une Å“uvre de cet artiste, cliquez ici : vendre une Å“uvre.
