1914 – 1955
Fils du baron Vladimir Ivanovitch de Staël-Holstein, le jeune Nicolas émigre en 1919 avec sa famille en Pologne, à Ostrow. Après la mort de son père (1921), et de sa mère (1922), il est recueilli à Bruxelles par un industriel d’origine russe, M. Fricero. Il fait de solides études classiques, puis il étudie de 1932 à 1936 le dessin et la peinture à l’Académie de Saint-Gilles et à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. Il parcourt la Hollande, l’Espagne (1936), puis se rend au Maroc où il séjourne jusqu’en 1937 et rencontre une jeune peintre, Jeannine Guillou, qui devient sa compagne. Ils partent ensemble pour l’Algérie, puis l’Italie et gagnent Paris en 1938. Sa fille Anne naît en 1942. En 1944, il participe aux côtés de Kandinsky, de Magnelli et de Domela, à une exposition de peintures abstraites organisée, malgré l’Occupation, par la petite galerie l’Esquisse, qui présente le mois suivant sa première exposition particulière.
Peu à peu, les amateurs commencent à s’intéresser à son travail, ainsi que les galeries. Le collectionneur Jean Bauret l’encourage et lui achète des toiles, et, en 1946, le marchand Louis Carré signe un contrat avec lui, mais Jeannine meurt. Il rencontre ensuite Françoise Chapoutou dont il aura 3 enfants. Au début de l’année 1947, il s’installe dans un grand atelier où il peut exécuter des toiles de très grandes dimensions. Un marchand américain, Theodore Schempp, qui habite le même immeuble, l’introduit aux États-Unis, tandis qu’à Paris l’expert Jacques Dubourg se fait le défenseur de sa peinture. En 1948, de Staël obtient la nationalité française. Il se consacre, en 1951, à la gravure pour l’édition des Poèmes de René Char. En 1954, il s’installe seul à Antibes dans un atelier situé face à la mer, l’épuisement physique et une crise de dépression le conduisent au suicide le 16 mars 1955.
En moins d’une douzaine d’années, de Staël a accompli une œuvre considérable, 1 059 toiles ont été recensées, auxquelles il faut ajouter les innombrables dessins et gravures sur bois ou sur cuivre, ses lithographies, et ses collages. La première rétrospective est organisée en 1956 à Paris, et la seconde est présentée successivement en 1965 et 1966 à Rotterdam, à Zurich, en 1972 à la fondation Maeght, en 1981 au Grand Palais. Ces hommages ont confirmé, sur le plan international, la consécration de l’œuvre de celui qui fut le plus puissant créateur de sa génération dans l’école de Paris d’après guerre, sur laquelle il a exercé une forte influence.
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