Le caravagisme n’est pas réellement un mouvement pictural à part entière puisqu’il se concentre sur l’influence d’un seul artiste, le peintre Michelangelo Merisi dit Le Caravage.
Au tournant des 16ème et 17ème siècles, le nouveau langage pictural proposé par Le Caravage où les corps sont ceux de leurs modèles, qu’ils soient beaux ou laids, où les sentiments sont ceux des personnages, même s’ils se laissent aller à leurs passions, s’éloigne de tout ce que représente la renaissance classique. Les canons esthétiques sont rejetés non pas dans l’attachement au détail à la manière flamande mais à travers la représentation de la vie quotidienne telle qu’elle est, avec sa douleur, sa violence, et parfois sa laideur. La scène est traitée avec le regard du présent, qu’elle soit historique, mythologique ou religieuse, elle est transposé à l’époque contemporaine, intégrée à l’architecture, au mobilier et à la mode vestimentaire du 17ème siècle, ainsi, le contenu sacré rejoint la scène de genre et se fond au décor de la vie de tous les jours.
L’existence décousue et tumultueuse du Caravage ne lui permet pas de créer une véritable école, néanmoins, son oeuvre a une portée considérable.
Les caractéristiques principales de l’influence caravagiste sont l’utilisation du clair-obscur, l’exhibition des sentiments et l’attitude des personnages, figés au cours d’un mouvement, instant choisi par le peintre pour apporter une intensité dramatique à la scène.
L’éclairage créé la profondeur sans avoir recours aux artifices de la perspective linéaire, ainsi le fond sombre et l’absence d’arrière-plan rend la scène particulièrement intimiste tout en produisant une ambiance ombrageuse aux accents souvent pessimistes.
Grâce à son habileté à représenter le quotidien de son époque à travers cette technique, le caravagisme contribue au rayonnement de la peinture de genre jusqu’alors quasi absente du répertoire italien.