Peintre allemand né à Dresde en 1932. Son père est enseignant et obtient un poste en Pologne, par la suite il est incorporé dans l’armée allemande, fait prisonnier par les alliés et libéré en 46. Son adhésion à l’ancien Parti National-Socialiste, obligatoire pour les enseignants, le prive de pouvoir en continuer la pratique, il travaille un temps dans une usine textile avant de trouver un poste d’enseignement à distance.
C’est à l’âge de 15 ans que sa passion de Richter pour l’art se dessine : en 1947, tout en continuant à étudier la sténographie, la comptabilité et le russe à l’université, il fréquente des cours de peinture du soir. Il termine ses études en 1948 et traverse de nombreuses professions, en 1950 il est assistant peintre décorateur pour le théâtre municipal de Zittau, puis sa (deuxième) candidature est accepté à l’Académie d’Art de Dresde. Il retourne ainsi vivre dans sa ville natale à l’été 1951. L’enseignement y est rigoureux (même si Dresde est encore sous les ruines des bombardements de 1945) mais lui permet de voyager en Allemagne de l’ouest, d’avoir un accès aux films, aux musées, aux théâtres, c’est aussi à l’Académie qu’il découvre, sous la forme d’un reportage, les atrocités des camps de concentration.
Lors de sa dernière année et dans le cadre de sa thèse il reçoit une première commande importante qui est de peindre une fresque pour le Musée allemand de l’Hygiène, l’Å“uvre est très bien accueillie et il termine brillamment ses études en 1956. En échange de son enseignement on lui accorde pour trois années l’accès à un atelier et un revenu modeste, il reçoit également la commande de trois autres fresques dont deux pour des écoles mais l’enseignement quelque peu rigide auquel il doit se soumettre lui pèse, sans pour autant être attiré par la culture Underground : il cherche une troisième voie, qui sera idéaliste. Le point de rupture approche à l’occasion d’un voyage à la Documenta II de Cassel en Allemagne de l’Ouest en 1959, où il découvre les Å“uvres de Jackson Pollock, Jean Fautrier, Lucio Fontana dont il se sent trop éloigné et au printemps 1961 il organise sa fuite de l’Allemagne de l’Est. Richter s’installe alors à Düsseldorf, sur les conseils d’un ami, où il obtient une bourse pour suivre les cours de l’Académie des Arts, véritable ruche d’activités et d’innovations artistiques. Il peint énormément et s’essaie à tous les styles puis, après son premier semestre, il rejoint le groupe dirigé par Karl Otto Götz où il retrouve Sigmar Polke, Konrad Fischer etc.
En mai 1963, Richter, Lueg, Polke et Kuttner exposent ensemble dans une boutique vide puis dans un magasin de meuble et suscitent un grand intérêt. Durant cette période ils s’ouvrent également au Pop Art, cherchant quelle pourrait être leur contribution à son développement en Europe. Pour Richter l’influence se fait sentir en 1963 avec les Å“uvres Fête, Table, Sèche-linge pliant, Piétons .. qui sont le début de son travail avec des photos, ce qui était auparavant inconcevable pour lui dans le contexte de l’enseignement académique de la peinture. Lorsque Richter quitte l’Académie en 1964 il devient vital pour lui d’exposer et de trouver des galeries dynamiques pour le représenter, il est invité par Heiner Friedrich à exposer en duo avec Peter Klasen à sa Galerie Friedrich & Dahlem (Munich) et deux mois plus tard Alfred Schmela organise sa première exposition personnelle puis René Block, qui vient d’ouvrir sa galerie à Berlin, le sollicite à son tour. Rapidement, ses Å“uvres sont achetées par des collectionneurs. Richter est attiré par certains sujets plus que d’autres, les avions militaires, les portraits de famille, les groupes de personnes et les images de presse trouvées dans les journaux et les magazines sont parmi les motifs et les thèmes les plus récurrents. Par son travail, Richter révèle l’épouvantable fascination du public pour la souffrance et l’exploitation que les médias font de celle-ci, jusqu’à la surenchère.
En 1966 il expose à Rome et la même année il peint une de ses Å“uvres les plus célèbres, Ema, Nu sur un escalier, qui introduit son travail à l’Abstraction géométrique. Les images érotiques dominent un temps la production de Richter puis en 1967 son attention est attirée par les vues aériennes des villes, en 1968 par les chaînes de montagnes et en 1969 par les images de la Corse. Richter participe également à des expositions de groupe en Allemagne, en Suisse, à Tokyo et à New York, sa réputation internationale gagne du terrain, Konrad Fischer le pousse à embrasser le Minimalisme et l’Art conceptuel, il organise ses sources de documentation et ses outils de référence et retourne à ses travaux sur les Nuanciers (grilles comprenant une multitude de variantes de carrés colorés), ainsi qu’à ses Peintures grises (monochromes gris) puis il revient à la peinture figurative lorsqu’il est invité à représenter l’Allemagne à la 36ème Biennale de Venise, en 1972. Richter réalise 48 Portraits, 48 toiles en noir et blanc représentant des occidentaux célèbres des deux siècles passés, scientifiques, compositeurs, philosophes, écrivains, recadrés selon le format des photos d’identité. En 1971 Richter démontre dans son travail la logique qui le pousse à passer d’une Å“uvre abstraite à une Å“uvre figurative. “Je ne crois pas en la réalité de la peinture, alors j’utilise différents styles comme je le ferais avec des vêtements : c’est ma façon de me déguiser. L’expérience a prouvé qu’il n’y a pas de différence entre une peinture dite réaliste, d’un paysage, par exemple, et une peinture abstraite. Elles ont toutes deux plus ou moins le même effet sur l’observateur.”
Les tableaux abstraits font partie de ses priorités jusqu’en 87 alors que la Nouvelle Figuration est en vogue, notamment avec Georg Baselitz ou Anselm Kiefer, en 1981 il participe avec eux à l’exposition A New Spirit in Painting alors qu’il précède le mouvement de plusieurs années. En 1982 il crée la série des bougies, considérée comme une des plus emblématiques, qui lui permet de se distinguer du néo-expressionnisme puis il retourne aux paysages “ayant culminé en 1987 avec vingt-trois champs et prés” – Elger. Mais c’est en 1988 qu’il produit l’une des séries les plus importantes de sa carrière, intitulée 18 Octobre 1977, un cycle de quinze tableaux faisant référence à la fin de la Bande à Baader avec le suicide en prison de deux des terroristes les plus célèbres d’Allemagne, Andreas Baader et Gudrun Ensslin.
Sa première grande rétrospective commence en 1986 à Düsseldorf avant de voyager à Berlin, Berne et Vienne.
Dans les années 90 les Strips et les grilles dominent, occasionnellement entrecoupées de photos-peintures, plusieurs tableaux abstraits de 1987 ont semé les graines de ce que Richter fait pousser en 1992, il reçoit également du gouvernement allemand une importante commande.
En 2002 une exposition rétrospective majeure Forty years of paintings a lieu au MoMa (New York) et présente 190 oeuvres de Richter, en 2005 il produit sa vision des attentats du 11 septembre, en 2006 il crée la série Cage, composée de 6 grandes toiles magistrales qui sont depuis exposées à la Tate Modern de Londres, en 2007 il termine un vitrail pour la cathédrale de Cologne, commencé en 2002, en 2008 il produit les séries Simbad, Aladin, puis en 2010, Bagdad et Abdallah, en 2011, aux confins de l’abstraction et de la couleur, il crée une oeuvre intitulée Strip puis, coïncidant avec le 80ème anniversaire de l’artiste, une grande rétrospective itinérante intitulée Gerhard Richter : Panorama ouvre ses portes à la Tate Modern (Londres), avant d’aller à la Neue Nationalgalerie (Berlin) puis au Centre Pompidou (Paris), en 2012.
Depuis la fin des années 1980 et encore aujourd’hui, Richter compte parmi les peintres les plus éminents d’Allemagne et du monde.
Gerhard Richter (gerhard-richter.com)
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