LE RÉALISME

En voulant être de son temps et en rejetant les sujets historiques et antiques, le réalisme représente la vie quotidienne en France vers 1850, avec le second empire.

En Angleterre la contestation est portée par les préraphaélites tandis qu’en France elle s’exprime avec une génération d’artistes désireux de moderniser l’art en redéfinissant sa culture, son style et ses objectifs, la peinture d’histoire ne montre plus que l’histoire contemporaine, les références au monde intérieur et à la psyché des génies romantiques sont remplacées par une réalité visuelle, le Jury est supprimé et le Salon est ouvert à tous, ainsi, 5 500 œuvres sont présentées quand auparavant la moitié était refusée.

Certains sujets traités sont significatifs : une forge, des mineurs, des paysans bretons, mais ce sont deux oeuvres de Courbet qui vont donner de l’envergure à ce mouvement: l’Enterrement à Ornans et Les Casseurs de pierre. Autodidacte des ateliers libres du Louvre, son esprit traditionnel fait de Courbet un peintre parfaitement intégré à son époque mais, sans être avant-gardiste, il rompt volontairement avec ses contemporains.

Jean-François Millet préfère montrer la pauvreté des paysans, il fréquente à ses débuts l’École de Barbizon puis trouve son propre style où le fatalisme côtoie la délicatesse. Les hommes et les femmes de ses tableaux sont les derniers témoins d’une époque déjà révolue, transformée par la révolution industrielle.

Manet propose une approche différente dans sa production liée au réalisme. Il a étudié les grands maîtres de la renaissance mais ses recherches s’orientent vers plus de sincérité au détriment d’une perfection de la forme. Comme Courbet, l’engagement politique est chez lui un élément essentiel de sa production artistique.

LES PRÉRAPHAÉLITES

Comme en France, l’Académie Royale anglaise du 19ème siècle définit ce que doit être l’art et à quoi il doit ressembler mais en 1848 un groupe de jeunes peintres remet en question ces principes pour former la Confrérie préraphaélite avec l’intention de revenir à une peinture plus proche de la nature et en quête de perfection tant au niveau de la forme que de l’expression. Même si l’inspiration leur vient du passé, leur démarche est avant tout avant-gardiste et politiquement contestataire.

La peinture y est enseignée sur le modèle classique italien dans lequel le peintre Raphaël fait figure de référence et affirme sa volonté de revenir aux styles antérieurs à la renaissance classique (le gothique) ainsi qu’aux styles primitifs flamand et italien de la première renaissance.

Le groupe initial se forme autour des fondateurs John Everett Millais, William Hunt et Dante Gabriel Rossetti. L’invention récente du tube de peinture leur permet de sortir de l’atelier et de peindre en plein air, l’habitude de peindre en extérieur sera ensuite reprise par le mouvement impressionniste.
Le style préraphaélite est caractérisé par une abondance de motifs et de détails présents sur la totalité de la surface du tableau. Les couleurs sont vives, lumineuses et contrastées, la perspective n’est utilisée qu’avec parcimonie voire quasiment absente de certains tableaux et la représentation des corps se donne certaines libertés.

Dès leur première exposition en 1849 à la Royale Académie l’accueil du public est plutôt favorable envers ce style nouveau mais imprégné d’esprit médiéval, si les plus conservateurs rejettent le groupe de jeunes peintres, les préraphaélites acquièrent une première clientèle.

Le groupe se dissout dès 1852 mais se reforme presque aussitôt et le mouvement entre dans sa deuxième phase pour réunir toute une génération de peintres influencés par le premier préraphaélisme.

L’ÉCOLE DE BARBIZON

Théodore Rousseau s’installe dans les années 1830 à Barbizon avec l’objectif de peindre la nature directement sur le vif, telle qu’elle est, dans l’ambiance donnée par la lumière et le climat, et non plus par l’atmosphère intérieure et fantastique des peintres romantiques. Il est rejoint à Barbizon par Charles-François d’Aubigny, Constant Troyon, Narcisse Diaz de la Pena, Jules Dupré, Jean-François Millet ..

Le groupe de Barbizon s’inspire de la peinture de paysage anglaise réinventée par Turner et Constable. Rousseau et ses compagnons apportent à la peinture française une conception nouvelle qui sera approfondie par le groupe des impressionnistes, à partir des années 1870.