La peinture fauve s’attache particulièrement au travail de la couleur, les Å“uvres sont facilement reconnaissables par l’emploi de larges aplats de peinture aux teintes éclatantes et la simplification des formes qui tend à l’abstraction.
Le fauvisme apparaît en France à la même période que l’expressionnisme en Allemagne mais si l’expressionnisme allemand se caractérise par une atmosphère tourmentée, parfois violente, le fauvisme est beaucoup plus positif et plein de vitalité. Ce mouvement s’inscrit dans la continuité des recherches entamées par Cézanne qui se situe en retrait des courants impressionnistes, le caractère très personnel de son Å“uvre reflète bien son tempérament solitaire qui lui permet de suivre son propre cheminement artistique. Il ouvre la voie au cubisme d’une part, et au fauvisme d’autre part.
Gauguin va plus loin, au cours de son voyage à Tahiti il découvre la splendeur des couleurs du pays et cherche à exprimer l’éclatement et l’intensité de ces lumières magiques qu’il observe. Vers la fin de sa vie, il laisse la couleur prendre le pas sur le dessin et s’exprime avec une intensité et une virulence encore jamais observées.
Les peintres fauves vont poursuivre cette voie et aller encore plus loin dans cette démarche, le dessin tend alors à disparaître et laisse la place à des taches colorées, surfaces posées en touches épaisses et larges bandes de couleurs pures dans une expression sensuelle et spontanée. André Derain, Henri Matisse et Maurice de Vlaminck sont les pionniers du fauvisme, suivis par Albert Marquet, Charles Camoin, Henri Manguin, Marc Chagall, Raoul Dufy, Kees van Dongen, Othon Friesz, Jean Puy, Georges Rouault ou encore Georges Braque qui appartiennent au mouvement ou y sont liés, au moins un temps.
Le terme “fauve” exprime la nature, vive, spontanée, presque sauvage de l’emploi de la couleur, un certain primitivisme comme le proclamait Gauguin, un nouveau regard (quasi vierge) sur la peinture. Les Å“uvres fauves ouvrent ainsi les portes à une abstraction de plus en plus marquée de l’image, jusqu’à aboutir à l’art abstrait, de nombreux artistes vont poursuivre les questionnements ouverts au sujet de la couleur et aller jusqu’à la création de peintures en monochromes, comme Malevitch ou Klein.