1732 – 1806
Les débuts de Jean-Honoré Fragonard demeurent mystérieux, on ignore tout de ses premières années parisiennes. Il apprend les rudiments de la peinture chez Chardin puis chez François Boucher. À 20 ans il reçoit le Grand Prix de l’Académie royale de peinture et entre l’année suivante à l’École royale des élèves protégés, dirigée par Carle Van Loo. On ne connait que trois tableaux de Fragonard avant son départ en Italie, en 1756. Les nombreux dessins qu’il exécute à cette période restent en grande partie à retrouver.
Au début d’un séjour à Rome de quatre ans, Fragonard traverse une grave crise créatrice : “l’énergie de Michel-Ange m’effrayait, j’éprouvais un sentiment que je ne pouvais rendre. En voyant les beautés de Raphaël, j’étais ému jusqu’aux larmes et le crayon me tombait des mains”. La crise surmontée, Fragonard demande à prolonger son séjour d’une quatrième année qu’il met à profit pour voyager, à Naples, Venise, Bologne ..
Tout artiste séjournant à Rome n’aurait su manquer une visite à la villa d’Este et ses fameux jardins construits au 16ème siècle. Ils sont alors négligés et mal entretenus. Fragonard y dessine abondamment. Selon l’usage au 18ème siècle, les dessins appartenaient à celui qui prenait à sa charge les frais de séjour, l’abbé de Saint-Non en l’occurrence. Mais ce dernier les restitua probablement à l’artiste dés lors que ces feuilles, devenues fameuses, atteignirent des prix exceptionnels. C’est alors que Fragonard les vend, à une date indéterminée.
Dans ce lieu enchanteur, Fragonard trouve des sources d’inspiration pour au moins trois de ses tableaux dont La Grande Cascade de Tivoli. On sait peu de choses des années qui suivent le retour à Paris, avant l’agrément de Fragonard à l’Académie avec son immense Corésus et Callirhoé, étape décisive dans la carrière d’un artiste. Mais les commandes officielles ne tentent pas Fragonard qui préfère sa liberté en développant un style original. En 1767, Les hasards heureux de l’escarpolette confirment un succès grandissant. Malgré l’échec de la commande du décor du nouvel hôtel de la Guimard, une célèbre danseuse, la Comtesse du Barry, commande à Fragonard, sans doute en 1771, quatre grands panneaux pour le salon de son Pavillon de Louveciennes sur le thème des Quatre âges de l’amour, un des sommets de l’art du peintre.
D’octobre 1773 à septembre 1774, Fragonard voyage en Italie. Ce second voyage dans la péninsule tombe au bon moment pour Fragonard, lui permettant de se ressourcer et de stimuler son inspiration. Il dessine abondamment : paysages, scènes de genre, portraits, copies d’après les maîtres.
Au printemps 1774, Fragonard se lie avec le peintre Vincent et ils partagent leurs modèles.
Les années 1780 confirment un succès grandissant, notamment avec des petits formats exécutés pour une clientèle choisie d’amateurs et de collectionneurs. Ses tableaux et ses dessins atteignent des prix considérables au moment où la gravure popularise son oeuvre. Fragonard tient compte de l’évolution du goût et de l’arrivée d’une nouvelle génération, son art sait assimiler la mode antique qui s’impose alors, en la teintant de sentimentalisme, sorte de prélude au romantisme.
Mais la Révolution va réduire considérablement la notoriété et la fortune du maître. Privé d’une clientèle désormais ruinée, il échappe à la misère et à l’oubli grâce à son ancien élève, David. En 1793, membre de la Commune des arts, Fragonard joue un rôle essentiel dans la fondation du futur musée du Louvre. A ce titre il obtient un logement au Louvre jusqu’en 1805. Il s’installera ensuite dans l’actuel Palais royal où il meurt, oublié, l’année suivante.
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