Le terme baroque signifie bizarre ou grossier, un terme péjoratif utilisé par les artistes du 19ème siècle pour parler de la période entre 1600 et 1720 (environ).
Les libertés prises avec la déformation des corps et l’aspect superficiel dans le rendu des sujets, à contresens du maniérisme, se poursuivent avec Le Corrège et Barocci à travers une peinture qui se veut plus convaincante que purement esthétique, puis sont reprises jusqu’à devenir la base de l’expression nouvelle.
A cela s’ajoute le naturalisme du Caravage qui connaît dès le début du 17ème siècle un très vif succès pour son éclairage, ses cadrages et son réalisme mordant, tandis que les Carrache reviennent à une peinture au contenu idéalisé, inspirée par les maîtres de la renaissance classique.
La fusion de ces tendances devient, selon la sensibilité de l’artiste et son attachement plus ou moins marqué à l’un de ces styles, le mouvement baroque. La narration se fait au présent et avec la disparition de l’humanisme (recherchant l’esprit de l’Antiquité), les questions sur la relation à Dieu et son existence affluent, la mort, la souffrance et l’humilité dans la vie quotidienne, sont les sujets qui hantent le baroque et partout en Europe, il s’adapte au contexte social et religieux.
LE BAROQUE EN ITALIE
Il est au service de la contre-réforme dans sa lutte contre le protestantisme, afin de reconvertir à la foi romaine les adeptes de la religion réformée, la peinture italienne doit convaincre le fidèle de la grandeur de Dieu par des effets impressionnants, éblouissants, bouleversants .. Cette peinture théâtrale se retrouve dans les oeuvres du Guerchin, de Pierre de Cortone ou d’Andrea Pozzo. Triomphante, l’image jaillit de son cadre et se fond à l’architecture sur les plafonds des édifices religieux, la technique du trompe-l’oeil se développe et atteint une précision saisissante.
Rome est alors la capitale européenne de l’art où se côtoient les artistes, où naissent les premières académies de peinture qui étendent leurs influences au monde occidental.
En premier lieu c’est le passage du Caravage qui va permettre à la peinture de se tourner vers une grammaire inédite puis le travail d’Annibal Carrache et de Guido Reni qui s’oppose farouchement aux nouveautés caravagesques, suivis par les peintres français tels que Nicolas Poussin ou Claude Lorrain.
LE BAROQUE EN ESPAGNE
Pour l’art, c’est un véritable âge d’or aussi bien en peinture qu’en architecture. Comme en Italie, la religion impose le ton de la contre-réforme. Les tableaux sont de plus en plus appréciés par la noblesse et la bourgeoisie qui réunissent de véritables collections, en résulte l’essor des marchands d’art. La spiritualité du Greco évolue vers un langage pictural porté par Diego Vélasquez, Jusepe de Ribera ou Francisco de Zurbaran. L’angoisse du déclin de l’empire le plus puissant de la seconde renaissance se retrouve dans l’expression d’une peinture mystique et passionnée où l’influence du Caravage et de Titien est très présente mais les espagnols ont su trouver un style personnel qui donne une véritable identité nationale à l’art du 17ème siècle.
LE BAROQUE EN EUROPE DU NORD
Aux Pays-Bas, la société est dirigée par la bourgeoisie et diverses corporations de marchands ou de négociateurs qui favorisent la diffusion de la peinture à grande échelle, le goût grandissant des bourgeois pour l’art va permettre aux artistes de ne plus peindre en fonction d’une commande précise mais de confier leurs tableaux, à l’avance, à des marchands d’art de plus en plus nombreux.
En Belgique, la peinture est largement influencée par l’Italie tout en conservant son identité propre, développée par l’école flamande depuis deux siècles. La peinture de genre devient le style dominant même s’il s’agit de représenter des scènes à caractère religieux ou mythologique dans lesquelles s’insèrent harmonieusement natures mortes et objets du quotidien. Anvers devient la capitale artistique où se côtoient les grands maîtres du baroque flamand ainsi que de nombreux artistes étrangers attirés par la renommée de la ville.
Rubens est alors le peintre le plus demandé auprès des cours européennes et son succès lui permet d’avoir un atelier où travaillent une centaine de collaborateurs parmi lesquels Jan Bruegel, Jacob Jordaens et Anton van Dyck qui sera l’un des plus grands portraitistes de son temps.
En Hollande, presqu’entièrement convertie au calvinisme, les peintres s’expriment à travers des sujets différents. Dénués d’influence italienne et d’intérêt pour l’antiquité, les peintres hollandais répondent au goût du public par la scène de genre, le portrait, la nature morte qui atteint un degré de réalisme exceptionnel et le paysage.
C’est avec la seconde génération de peintres qu’apparaissent les grands maîtres néerlandais : Frans Hals pour le portait, Jan Steen et Jan Vermeer pour la représentation de la vie quotidienne, Willem Kalf pour la nature morte et Jacob von Ruisdael pour la peinture de paysage, mais c’est surtout avec Rembrandt van Rijn que le génie hollandais prend forme. Son talent s’étend à tous les genres, la parfaite maîtrise de l’éclairage, du dessin, de la couleur, de l’anatomie et de l’expression dont il affuble ses personnages font de lui un des peintres les plus illustres de l’histoire de l’art, à la hauteur de Léonard de Vinci, Raphaël, Titien ou Le Caravage.