Else Alfelt / FRAGONARTS

ALFELT Else

1910 – 1974

Else Kirsten Tove Alfelt est une peintre danoise. Fille d’un employé de banque, elle a 7 ans lorsque ses parents divorcent et l’abandonnent dans un orphelinat où elle reste jusqu’à ses 15 ans. Alfelt fait l’expérience de la peinture en réalisant les portraits d’enfants et d’employés de l’orphelinat grâce à une boîte de peinture offerte par sa tante. Elle passe ensuite deux années dans une école technique tout en continuant à peindre, puis elle fait une demande à l’Académie des arts de Copenhague qui est rejetée. Sa rencontre avec Carl-Henning Pedersen en 1933 est providentielle, ils se marient et un an plus tard naît leur première fille, Vibeke Alfelt, ils ont ensemble 4 enfants, la dernière, Kari-Nina Pedersen, naît six ans plus tard, en 1940.

Sa rencontre avec Pedersen lui apporte non seulement une relation chaleureuse mais aussi une collaboration artistique fructueuse, elle l’encourage à devenir peintre. Comme pour de nombreux artistes des années 30, les opinions politiques d’Alfelt sont fortement influencées par la pauvreté et la montée du nazisme, elle crée à cette époque les décors pour une pièce de Bertolt Brecht et lors d’une manifestation ils rencontrent Jacobsen qui les présentent à un cercle d’artistes expérimentaux : Henry Heerup, Asger Jorn, Erik Thommesen et Sonja Ferlov, tous préoccupés par l’art abstrait. C’est le début de la participation d’Alfelt à diverses associations d’artistes révolutionnaires au cours des décennies suivantes dont le groupe COBRA est le plus marquant, elle participe avec beaucoup d’enthousiasme à ce désir d’expérimentation collective et d’expression spontanée, puis elle finit par s’en éloigner.

Impressionnée par la grandeur de la nature, Else Alfelt a peint une série d’aquarelles aérées et colorées en lien avec ses voyages en Laponie, en Norvège et en Islande. En 1951, elle est la première artiste abstraite à recevoir la bourse de voyage danoise, appelée “bourse romaine”. Au cours des années 1950 et 1960, elle fait de nombreux voyages : Norvège, Grèce, France, Laponie, Turquie, Tunisie, Suisse, Finlande, États-Unis, Espagne, Italie .. elle en revient avec une fascination pour la technique dite de Ravenne employée dans les plus grandes mosaïques de ce pays. Elle voyage également au Japon en 1967 où elle puise ses inspirations en 1968, quand elle crée un jardin zen dans la salle d’exposition (The Land of the Stone Lanterns). C’est également à cette période qu’elle répond à des commandes publiques.

Semblable aux oiseaux, aux châteaux de conte de fées et aux navires de Pedersen, l’imagerie d’Else Alfelt se caractérise par plusieurs motifs récurrents dès le début : les montagnes, les corps célestes, et en particulier la Lune, l’art d’Alfelt se déplace souvent dans l’espace entre la nature réelle et abstraite, chaque montagne transcende la nature palpable et pointe vers le ciel, le cosmos et l’éternité. Au cours des années 1960, les éléments naturalistes de ses peintures deviennent de moins en moins perceptibles, les images se dissolvent dans des mouvements cristallins, des spirales, des ornements et des compositions de couleurs pures comme La Fleur de l’Univers (série).

En 1973, Alfelt reçoit la médaille Thorvaldsen.

Elle meurt un an plus tard après s’être effondrée dans la rue, à l’âge de 63 ans.

Carl-Henning Pedersen & Else Alfelts Museum — CHPEA Museum

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