1896 – 1987
André-Aimé-René Masson est né dans l’Oise (France), sa famille s’installe à Lille puis à Bruxelles quand il a 8 ans. Il apprend le dessin à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles sous la direction de Constant Montald puis Emile Verhaeren persuade ses parents de l’envoyer à Paris. Il entre à l’Ecole des beaux-arts en 1912 pour y étudier la fresque et en 1914, une bourse lui permet de voyager en Toscane (Italie).
Il est grièvement blessé à la poitrine en 1917, séjourne dans divers hôpitaux jusqu’à l’armistice puis finit par s’installer à Céret en 1919, près de la frontière espagnole, où il fait la connaissance de Soutine. L’année suivante il épouse Odette Cabalé et après la naissance de leur fille Gladys, dite Lily, la famille s’installe à Paris où il vit de petits emplois alimentaires.
En 1922 il est remarqué par le marchand Daniel-Henry Kahnweiler et il peut se consacrer à son art. Il fréquente Gris, Derain, Miró, Aragon, Artaud, Leiris etc. En 1924, sa première exposition personnelle a lieu à la Galerie Simon, André Breton lui achète les Quatre Éléments et il rejoint le groupe surréaliste, participe aux expositions, puis devient rapidement le principal interprète de l’écriture automatique qui prône un tracé spontané, afin d’exprimer les images provenant directement de l’inconscient. À partir de 1926 environ, il crée ses premiers tableaux de sable (en jetant du sable et de la colle sur la toile). En 1928, après des voyages en Hollande et en Allemagne, il illustre la Justine de Sade en collaboration avec d’autres peintres surréalistes et se sépare de Odette Cabalé. Il consacre également de nombreuses œuvres au destin des animaux, puis apparaissent les thèmes du Massacre (1932), de l’Enlèvement (1931), de la Poursuite (1931). Ses réalisations de la fin des années 1920 et 1930 sont des rendus turbulents et suggestifs, des scènes de violence, d’érotisme et de métamorphose physique. Il utilise des lignes sinueuses et expressives pour délimiter des formes biomorphiques, à la limite du totalement abstrait.
En 1932 il passe l’année entière dans le Sud de la France, près de Grasse, et fréquente régulièrement Henri Matisse. Il peint ses premiers décors de théâtre pour les ballets russes en 1933 et fait la connaissance de Rose Maklès, l’année suivante ils vont en Espagne et s’installent en Catalogne où ils restent jusqu’en 1936 et ont ensemble deux fils. De retour en France, il participe aux expositions internationales du Surréalisme (1936 et 1938) puis se replie aux États-Unis pendant la seconde guerre mondiale (1941). Il fréquente Alexander Calder, Arthur Kemp, Arshile Gorky, Marc Chagall, Georges Duthuit, Yves Tanguy etc. Son style, plus expressionniste que surréaliste, s’affirme durant cette période américaine, qui représente un des sommets de son art. Son travail a également une influence importante sur les jeunes expressionnistes abstraits américains, notamment Jackson Pollock.
Il revient en France en 1945, à Paris, puis à Poitiers et en 1947 à Aix-en-Provence où il peint un certain nombre de paysages, c’est sa période “asiatique”. En 1950, une rétrospective de son œuvre est organisée à la Kunsthalle de Bâle, avec Giacometti. L’année suivante, Masson découvre Venise où il retourne régulièrement, ainsi qu’à Rome, jusqu’en 1954. Dans les années 1950, sa peinture marque un retour à l’observation de la vie citadine, il crée la série du Féminaire puis il revient s’installer à Paris.
Le psychanalyste Jacques Lacan, et beau-frère d’André Masson (Lacan étant le mari d’une des soeurs de Rose Maklès), est aussi le dernier propriétaire privé du tableau provocateur de Gustave Courbet, L’Origine du monde, il demande à Masson d’en réaliser une variante surréaliste en 1955. En 1965 il reçoit sa première commande d’État, pour le théâtre de l’Odéon, qui est un de ses chefs-d’œuvre, puis son travail fait l’objet d’importantes rétrospectives pour ses 80 ans, à New York, Houston et Paris (1976).
Sa fille, Lily Masson, est également peintre. Son premier fils, Diego Masson, devient chef d’orchestre, compositeur et percussionniste, et son second fils, Luis Masson, acteur.
Surnommé “le rebelle du Surréalisme”, la puissance de son art a marqué la peinture du 20ème siècle et André Masson fait partie des grands peintres de son temps.
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