1881 – 1955
Son père (un éleveur de boeufs normand) meurt lorsqu’il a 4 ans et sa mère, très pieuse, l’élève seule. Léger fait ses études dans une école religieuse avant d’entrer en apprentissage chez un architecte de Caen (1897-1899). Il arrive à Paris en 1900, étant doué pour le dessin, il est reçu au concours d’entrée à l’Ecole nationale des beaux-arts où il suit les cours de Léon Gérôme tout en fréquentant l’académie Julian. L’exposition de Cézanne en 1907, au Salon d’automne, le détermine dans sa voie. Bien qu’intégré au groupe de la Ruche à Montparnasse, il sera plus proche du Bateau-Lavoir où s’élabore le cubisme avec Picasso et Braque. Cependant, il y rencontre Chagall, Soutine, Lipchitz, Archipenko, Delaunay, et se lie avec Blaise Cendrars.
Léger a senti (lui aussi) que cette réduction de la réalité à la géométrie était une solution pour y intégrer le dynamisme de l’objet (La Noce, 1910) mais très vite, il dépasse le cubisme pour construire des symphonies plastiques où l’on perçoit déjà ce sens de la monumentalité. Dès 1910, il reçoit le soutien du marchand D. H. Kahnweiler qui le présente dans sa galerie aux côtés de Braque et de Picasso puis il participe à une série d’expositions à Paris, Moscou et New York, à l’Armory Show (1913). La guerre interrompt brutalement pour quatre ans ses premiers succès, il est envoyé sur le front qui le marque profondément et procure une force nouvelle à son œuvre. Léger vise l’expression des forces et des beautés de la modernité, mais ne perd pas de vue que cet environnement mécanique et technique a besoin d’un nouvel humanisme.
Entre 1918 et 1924, l’art de Léger est à un de ses sommets, au maximum de son ampleur et de son harmonieuse insertion dans le domaine décoratif, il prend des notes et écrit de nombreux articles. En 1919 il épouse Jeanne Lohy-Léger, en 1924 il ouvre une académie dans son atelier du 86, rue Notre-Dame-des-Champs et participe à la fondation de la revue l’Esprit nouveau puis 1925 marque une période de crise, un temps d’arrêt dans l’exploration de la nouveauté qui se traduit par des œuvres statiques et le concept de figure-objet (La lecture, 1924), par opposition au dynamisme des années précédentes. Il remet également au goût du jour la traditionnelle nature morte (Composition, 1929), et ce sont les décorations pour une salle de l’Exposition internationale de Bruxelles sur le thème du sport et pour le palais de la Découverte à Paris sur le thème du Transport qui lui permettent de définir une esthétique de synthèse à l’échelle du mur, qu’il avait toujours considéré comme le support idéal d’un art destiné à tous (Composition aux deux perroquets, 1935-1939).
De 1940 à 1945, Léger se réfugie aux Etats-Unis où il est déjà allé trois fois (en 1931, 35 et 38) et peint sous l’influence du milieu américain qui, par l’ampleur de ses conditions naturelles et sa dimension mécanisée, répond idéalement à ses rêves plastiques : “Vous êtes là, vous parlez avec quelqu’un, et tout à coup il devient bleu. Puis la couleur passe, une autre arrive, il devient rouge, jaune. Cette couleur là, la couleur des projecteurs, du néon, est libre, elle est dans l’espace. J’ai voulu faire la même chose dans mes toiles.” Il est également fasciné par les décharges, par le fait que les américains jettent au lieu de réparer (Adieu New York, 1946).
Il parcourt ensuite tous les domaines de la création plastique : mosaïque pour l’église d’Assy (1946), décors et costumes pour le Bolivar de Darius Milhaud (1949), vitraux pour l’église d’Audincourt (1951), décoration pour la grande salle du palais de l’ONU (1952), vitraux pour l’Université de Caracas (1953), étude chromatique pour l’hôpital de Saint-Lô (1954). Léger aborde également la tapisserie, la céramique, la sculpture polychrome, et illustre Liberté, de Paul Eluard, qui connaît un large succès populaire (1953).
Grand prix de la Biennale de São Paulo en 1955, il meurt à Gif-sur-Yvette la même année, dans la propriété qu’il avait acquise en 1952 lors de son remariage avec une de ses élèves, Nadia Khodossevitch-Léger.
En 1957, commence la construction du musée Fernand Léger à Biot, inauguré en 1960.
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