LA PEINTURE MÉTAPHISIQUE
Le courant est centré autour de son fondateur, Giorgio De Chirico, qui ouvre la voie aux surréalistes. Comme dans la tradition de la renaissance italienne, la conception du temps et de l’espace sont imbriqués dans l’imaginaire, De Chirico pense que l’art ne doit pas avoir de rapport avec son propre temps, ne doit pas participer aux idéologies du moment, aux valeurs sociales ou à l’histoire de son époque mais doit se situer en dehors de tout cela, s’élever et poser des questionnements métaphysiques.
Les Å“uvres de Chirico se comprennent comme des énigmes avec des images pleines de mystères et d’interrogations sans qu’il y ait pour autant de réponses, il pose les bases d’un univers étrange dans lequel l’espace et le temps sont en dehors de toute réalité et cherche à créer une peinture méta-réelle, méta-historique, méta-physique, en lien avec une certaine universalité de la culture.
Dans ses oeuvres, le temps semble s’être arrêté au milieu de décors inquiétants évoquant des vestiges antiques, tout semble immobile, un monde après le monde où l’on ne parvient pas à situer la scène représentée. Le traitement qu’il fait de la lumière est lui aussi étrange, bien que représentant des scènes en extérieur, elle semble venir de la lumière artificielle d’un lieu clos où il n’y a ni matin ni soir, les personnages sont inquiétants, entre humains et mannequins composites.
Le courant s’achève officiellement en 1921 mais De Chirico continue de créer des Å“uvres selon son style personnel et annonce la peinture surréaliste qui n’évoque pas un pur imaginaire, mais se penche sur le monde de l’inconscient et du rêve.
LE SURRÉALISME
Les questionnements du surréalisme sont différents de la peinture métaphysique et s’appuient principalement sur les études psychologiques et psychanalytiques de Freud. À travers une exploration de l’inconscient et l’interprétation des rêves, les surréalistes proposent un monde poétique et énigmatique.
Au début du siècle, les théories de Freud sur l’inconscient et l’analyse des rêves intéressent et fascinent, cette nouvelle approche de la personnalité de l’individu et de l’être ouvre de nouvelles perspectives aux artistes qui exploitent ce monde intérieur qu’est le MOI. Les surréalistes ne cherchent pas à interpréter les rêves ou l’inconscient, ils les révèlent esthétiquement, c’est une création du rêve et du fonctionnement de la pensée.
Max Ernst propose des mondes étranges peuplés d’êtres hybrides fantastiques qui évoquent les représentations du passé médiéval de Jérôme Bosch, Magritte crée des images fortement symboliques et semble s’amuser de jeux de mots ou jeux de sens comme le fameux tableau Ceci n’est pas une pipe, ou encore des visages sur lesquels se dessinent des nuages (avoir la tête dans les nuages), le style de ses tableaux est très net et a un caractère presque naïf comparé à celui de Dalà dont la technique semble ancrée dans la pure tradition de la peinture de la Renaissance italienne et du trompe l’oeil et ouvre sur des mondes plus complexes qui plongent le spectateur dans un abîme de pensées, un tourbillon de réflexions existentielles, on ne se lasse pas d’observer ses réalisations et d’y chercher continuellement une réponse ou un sens, qu’on le trouve, ou pas, car les oeuvres surréalistes sont très personnelles et parfois, intimes.