Image d’un nouveau pouvoir, le néoclassicisme réagit aux extravagances du rococo par un retour au modèle antique et au beau idéal. Fantaisies et imagination sont abolies au profit de la sévérité, de la vertu et du patriotisme.
Partout en Europe l’ascension sociale de la bourgeoisie et le pouvoir économique qu’elle met en place favorise le goût pour un style dans lequel la rêverie et les sentiments poétiques n’ont plus leur place, la réflexion artistique et les discussions philosophiques sont happées par un quotidien fait de travail, d’effort et de spéculation.
Pour les bourgeois, avoir son portrait c’est s’affirmer socialement, à l’égal d’une noblesse qu’ils exècrent. A cela s’ajoute un fort sentiment patriotique qui s’affirme en Angleterre, en France et en Allemagne. L’image doit proposer un message direct facilement compréhensible, sans artifices et si la nature est copiée, elle est fortement idéalisée afin de servir la cause qu’elle embrasse.
Jacques-Louis David est le plus connu du néoclassicisme de la fin du 18ème siècle, son style rigoureux et intransigeant influence les artistes de son époque, son langage vante la noblesse d’âme et le patriotisme. Le vocabulaire néoclassique impose d’être compréhensible et à la portée de tous, privilégie l’économie de moyens aux artifices, préfère la morale à la spiritualité.
Après David et les années post révolutionnaires, son élève Jean-Auguste-Dominique Ingres fait du néoclassicisme une tradition en rendant la composition plus subtile et en affirmant la supériorité du dessin sur la couleur. En cela, il exprime un langage totalement opposé à celui de Delacroix et des peintres romantiques.
La tradition classique évolue pendant la première moitié du XIXe siècle sous le nom d’académisme, également appelé art pompier. L’imitation du modèle antique a déjà exploré toutes les possibilités qui étaient les siennes au cours des 4 siècles précédents, l’académisme ne proposera plus rien d’autre que quelques soubresauts d’un style déjà épuisé.