LE FUTURISME

Le futurisme, né en Italie en 1909, s’inscrit dans le prolongement du cubisme et de la géométrisation des formes, le mouvement est principalement fondé sur la fascination des machines, de la vitesse, sur la décomposition du mouvement et sa représentation.

Le futurisme est entériné par l’édition du Manifeste du futurisme de Filippo Marinetti et se place dans un contexte d’avant-guerre particulièrement tendu où de nombreux jeunes veulent changer radicalement le monde et souhaitent la destruction de toutes les valeurs du passé (musées, bibliothèques, villes historiques ..) à la faveur de la machine et de la vitesse. La guerre apparaît comme une solution pour repartir à zéro et recréer un monde fondé sur de nouvelles bases, les futuristes revendiquent ce côté guerrier de manière assez virulente, certains vont jusqu’à embrasser des valeurs radicales et fascistes.

Les premiers peintres du mouvement sont Giacomo Balla, Umberto Boccioni, Carlo Carrà, Gino Severini et Luigi Russolo. Si les formes généralement géométriques rappellent parfois celles du cubisme, la recherche du futurisme est basée sur la dynamique et la vitesse, deux thèmes souvent exploités dans les tableaux. Plus un corps bouge vite dans l’espace, plus sa perception est abstraite. Manet se posait déjà les questions de la perception et avait tenté de représenter une course de chevaux où ce que l’on perçoit est le mouvement lui-même et non l’objet.
Les futuristes vont pousser plus loin ces recherches, facilitées par les avancées technologiques dans le domaine de la photographie et du cinéma qui permettent d’observer la décomposition du mouvement de manière précise alors qu’auparavant il était représenté de manière intuitive, avec de grandes chances d’en avoir une vision erronée.
De nombreux artistes vont prendre comme support de recherche des études photographiques sur la décomposition du mouvement afin de réaliser leurs œuvres, c’est le cas du Nu descendant l’escalier de Marcel Duchamp (qui a fait scandale lors de sa présentation au public).

Si dans les formes radicales du futurisme on voit souvent apparaître le thème des machines de guerre, la représentation du mouvement est également abordée avec plus de légèreté et parfois un certain humour, comme c’est le cas de Giacomo Balla avec le Dynamisme d’un chien en laisse (1912).
L’influence du futurisme est multiple, elle trouve son expression figurative dans l’oeuvre de Francis Bacon, dans les constructions composées de rouages qui s’animent de Jean Tinguely, dans les mobiles mis en mouvement par les forces naturelles d’Alexander Calder ou encore dans l’op art qui simule mouvement grâce à des effets d’optiques complexes.

Le Vorticisme qui existe entre 1913 et 1915 est un mouvement anglais initié par Percy Wyndham Lewis et Edward Wadsworth pour se démarquer du futurisme et du cubisme après les avoir adoptés.