Le classicisme se définit par l’école de peinture française du 17ème siècle. En réponse aux extravagances du baroque, ce mouvement devient un langage pictural au service de la monarchie absolue.
C’est en France que s’épanouit et se développe le style initié par Annibal Carrache qui, à l’opposé du Caravage, renoue avec la tradition classique de la renaissance. Carrache revient aux influences de l’antiquité et à une conception idéalisée de la beauté qu’il étend au genre du paysage. Son style est repris par ses élèves Guido Reni et le Guerchin qui mêlent la sagesse classique au mouvement baroque.
Le classicisme offre une composition claire et ordonnée, souvent fermée, la scène est entièrement contenue à l’intérieur du cadre contrairement à la composition ouverte du style baroque dans laquelle motifs et personnages sortent de la surface de la toile, l’image a un aspect serein et rigoureux.
La monarchie absolue mise en place par Louis XIII et Louis XIV fait de la France l’état le plus puissant d’Europe, pour garder son influence sur le peuple et les souverains étrangers elle choisit de s’afficher à travers une image qui la présente au sommet de sa gloire, droite et mesurée. Le paraître s’installe dans la communication, l’attitude de la société, et Versailles en est le meilleur exemple, bien que les caisses de l’Etat soient vides le roi s’affiche aux yeux du monde entier dans le luxe et la magnificence. Le classicisme, par sa rigueur et sa capacité à exalter ces valeurs morales, répond parfaitement aux besoins de représentation de la France et devient la référence académique.
Nicolas Poussin est la figure majeure de ce courant, il commence sa carrière de peintre très jeune et s’installe à Rome à partir de 1624. Au contact du travail des italiens il développe son propre style avec une grande rigueur dans la composition et des sujets souvent inspirés de la mythologie et de l’histoire romaine et chrétienne, une réflexion sur l’homme, la morale héroïque et la nature.
Comme Poussin, Claude Lorrain fait carrière à Rome et se voue à la peinture de paysage construite à partir d’éléments empruntés à la réalité où la lumière détermine les couleurs de l’ensemble de l’Å“uvre. Cet apport influencera plus tard les peintres de paysages romantiques ainsi que les impressionnistes qui utiliseront exclusivement la lumière pour composer le tableau.
Charles Le Brun est le peintre officiel de la cour de Louis XIV, élève de Simon Vouet, fortement influencé par le travail de Nicolas Poussin, il est chargé de décorer le Louvre et les châteaux de Vaux-le-Vicomte et de Versailles, il met son art au service de la monarchie en exaltant la grandeur du roi.
Dans un classicisme très différent, Louis Le Nain s’attache à représenter la vie des paysans français où l’idéalisation contraste avec une réalité bien moins reluisante. Georges de La Tour, plus proche du Caravage, propose des images au contenu spirituel et moral dont le relief jaillit d’un éclairage perçant au milieu d’une ambiance nocturne.